Mixité sociale et réussite scolaire. A quand ?

La carte scolaire doit changer. Nous devons éviter les écoles par quartiers ! Elus locaux, cette question, sans doute polémique, revêt une grande urgence ! Pourquoi ?

A quand la mixité sociale ?

Le maintien d’écoles disparates en termes de représentation de population favorise la concentration d’élèves d’un même “niveau social”. Elle hypothèque les chances de réussite de certains enfants et enlève toute possibilité d’hétérogénéité du niveau scolaire. Cette mixité sociale et scolaire doit être le garant du bon fonctionnement des écoles, des classes et de la réussite de tous. Elle peut être réparatrice de l’ascenseur social resté bloqué au rez de chaussée pour bon nombre d’enfants pourtant pétris de talents et de possibilités.

Cette mixité sociale et scolaire doit être le garant du bon fonctionnement des écoles, des classes et de la réussite de tous

Une hétérogénéité plus importante impliquerait de fait les enseignants à réfléchir sur la différenciation des parcours et les besoins de chacun. Un groupe classe trop homogène n’engage pas à ce type de réflexion. Il conduit les enseignants à faire avancer la classe sur une moyenne qui ne convient qu’aux élèves moyens. Les plus aisés scolairement s’ennuient et n’atteindront jamais le niveau qu’ils devraient avoir. Ceux qui ne sont pas faits pour ce système scolaire-là n’ont aucun objectif motivant et épanouissant qui puisse leur faire relever la tête et croire en eux.

la mixité sociale est aussi et surtout le premier pas réel vers des rencontres

Au delà de ces constats, la mixité sociale est aussi et surtout le premier pas réel vers des rencontres, des partages, des coopérations, des joies et des peines, des réussites et des difficultés… une histoire en commun. Aujourd’hui, être un enfant, c’est difficile… dans toutes les écoles.

Le modèle actuel nous fait vivre les uns à côtés des autres, nous invite à nous tourner le dos ou pire à nous affronter. La méthode de répartition des enfants dans les établissements scolaires n’a qu’un impact : l’inconnu de l’autre qui n’a comme conséquences que des sentiments de méfiance, de défiance ou plus violents encore…
Pour aller plus loin et donner de la cohérence à cette même démarche, posons-nous d’autres questions. La mixité dans les clubs sportifs par exemple.
A quand un seul club de football à Châtellerault ? Il favoriserait cette même mixité à l’instar des clubs de quartiers qui cloisonnent comme l’école, les catégories sociales et les origines culturelles.
De plus, les clubs de quartiers sont parfois démunis en accompagnateurs et en équipements. Un seul club c’est un seul interlocuteur pour la collectivité. C’est plus de licenciés. C’est donc plus de poids pour obtenir des moyens financiers, humains et matériels.

A quand la réussite scolaire ?

Le problème ne vient pas des enfants, mais des adultes qui les accompagnent. Ce n’est pas non plus un problème de bonne volonté. Les parents emploient leur temps et leur énergie à se faire une place pour assurer le présent, alors pensez bien que l’avenir de leurs enfants…
Certains peinent à être disponibles parce qu’ils ont fait le choix de leur assurer une vie confortable matériellement, d’autres sont indisponibles juste parce qu’ils “triment” pour boucler la fin du mois, d’autres sont indisponibles… tout court.

Les enseignants comme les animateurs exercent plus que jamais un sacerdoce. Ils s’emploient, motivent, innovent, créent, accompagnent, pour tirer les enfants vers le haut. Mais de quel “haut” s’agit-il ? 80 % d’une classe d’âge au bac ? C’est ridicule !
Aidons nos enfants à donner le meilleur d’eux-mêmes, à découvrir leurs talents et leur passion. Ne les laissons plus faire des choix par défaut.
La co-éducation est une solution. Mais pour cela les enseignants comme les animateurs sportifs ou socio-culturels doivent passer plus de temps avec les enfants. Aujourd’hui, les directives donnent trop de place à la trace écrite et trop peu à la communication directe. Les enseignants passent autant de temps devant un ordinateur ou en réunion que devant les élèves.

De plus, sommes-nous assez ? Assez bien formés ? La réponse est non.
A Châtellerault et dans toutes les communes, si les emplois aidés sont supprimés comme l’ont annoncé certains candidats à la primaire de la droite et du centre (…), nous allons connaitre des pertes en moyens humains considérables pour la santé, la sécurité et l’éducation.
Ce sont des économies de bouts de ficelle. Pourquoi ne pas se pencher sur ce que coûtent les élus et les hauts fonctionnaires ? Combien sont-ils à occuper des mandats multiples se superposant les uns aux autres ? Que coûtent-ils à l’état durant leur mandat et après encore ? Combien y a-t- il de hauts fonctionnaires hors cadre ? Combien y en a-t- il payés à double ou triple emploi ? Combien sont-ils de DGA ou DGS dans les différents territoires ? Combien de directeurs de cabinets ? Combien d’avantages en nature (logements, voitures…) ?
Et l’on veut supprimer les contrats aidés ? Posons-nous la question de savoir qui coûte le plus cher ?
Ces contrats ne sont pas seulement des documents signés pour offrir un emploi, ce sont nos animateurs de clubs de sports, d’associations socioculturelles, nos surveillants dans les établissements du second degré, nos AVS ou EVE pour les enfants à besoins particuliers dans nos écoles…Peut-on se passer de ces ressources humaines pour maintenir le confort de notre bureaucratie ?

Franck Bonnard

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